Dans un noir et blanc vibrant, un enfant apparaît, le visage tourné vers le haut, comme saisi par une révélation silencieuse. Ses yeux grands ouverts reflètent une lumière invisible, tandis qu’une ombre douce modèle ses joues rondes. Une coiffe perlée de motifs réguliers encadre son visage, lui donnant un air presque ancien. À sa gauche, une grande libellule posée sur une tige élancée déploie ses ailes délicates, tracées comme une dentelle transparente. Les feuilles et les tiges sombres forment un contrepoint graphique à l’innocence du regard, suspendant la scène dans un mélange de fragilité et d’émerveillement. Je me souviens du moment où j’ai tracé ce regard levé, comme une petite respiration ouverte sur l’inconnu. J’ai voulu y déposer un instant de pure découverte, ce point précis où le monde se révèle plus grand que soi. La libellule est devenue une messagère silencieuse, un éclat de vie qui effleure l’enfance et l’éveille. En dessinant, j’ai cherché à capter cette vibration intérieure : l’étonnement, la douceur et l’infime tension qui précèdent un rêve ou une question. C’est dans cet espace suspendu que j’invite le spectateur à entrer, avec la même innocence que cet enfant qui, peut-être, voit quelque chose pour la toute première fois..
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